Le parcours derrière Minuit d’Orsay

Portrait de Tamara Chaudesaigues, fondatrice de Minuit d'Orsay, studio de web design, graphisme et identité visuelle.

J’ai grandi dans un studio de tatouage. Les dessins recouvraient les tables, les crayons, la papeterie, les livres d’art s’empilaient sur les étagères et les ordinateurs restaient allumés presque toute la journée. Mon père préparait ses compositions sur Photoshop, dessinait sur sa tablette graphique, composait des visuels avant de les transformer en tatouages, mais bien avant ça, tout se faisait à la main. Je passais beaucoup de temps derrière son écran à regarder ce qu’il faisait.

Sans vraiment m’en rendre compte, je découvrais déjà le graphisme.

Mes premiers pas dans le design

Très tôt, j’ai pris goût à tout ce qui touchait à l’image. Pas seulement le dessin, mais aussi les affiches, les logos, les magazines, les livres, les pochettes d’albums ou les emballages. J’aimais comprendre pourquoi certains visuels attiraient immédiatement le regard alors que d’autres passaient presque inaperçus.

Au collège, en classe de troisième, il a fallu choisir un stage. À 14 ans, je n’avais aucune idée du métier que je voulais faire. Une chose était sûre, je n’avais pas envie de passer une semaine dans un commerce juste parce qu’il fallait trouver un stage.

J’ai finalement choisi de le faire dans une imprimerie à Avignon, l’Imprimerie de l’Ouvèze. J’avais envie de découvrir ce qui se passait après la création, une fois le fichier terminé. Voir les machines fonctionner, toucher les différents papiers, comprendre les techniques d’impression. C’était une autre façon de regarder une image.

Quelques années plus tard, j’ai intégré Ynov à Aix-en-Provence pour étudier le design graphique. J’y ai découvert la typographie, la mise en page, l’identité visuelle, le design éditorial et la direction artistique. Tout ce qui m’attirait depuis des années trouvait enfin sa place.

Bien plus que le tatouage

Le Covid a changé les choses. Je travaillais alors dans la restauration, un secteur complètement à l’arrêt pendant cette période. Je suis revenue au studio de mon père, j’ai recommencé à dessiner, puis je me suis tournée vers le tatouage. Petit à petit, c’est devenu mon métier.

Mais mon intérêt pour le graphisme ne s’est jamais arrêté.

Je pouvais passer autant de temps à feuilleter un magazine qu’à observer une enseigne dans une rue, une couverture de livre ou le site internet d’un hôtel. Je m’intéressais aux détails : une typographie, une grille de mise en page, un papier, une couleur, une signalétique. À tout ce qui participe à construire une identité.

Avec le temps, la photographie, les objets imprimés et le design éditorial sont venus compléter cet univers.

Un regard façonné par deux univers

Pendant longtemps, j’ai considéré le tatouage et le design graphique comme deux activités différentes.

Aujourd’hui, je les vois plutôt comme deux façons d’aborder le même travail.

Dans les deux cas, il faut observer, composer, enlever ce qui est de trop et trouver le bon équilibre. Que je travaille sur un tatouage, une identité visuelle ou un site internet, la démarche reste la même.

Minuit d’Orsay est né de cette continuité. Un studio où je peux réunir tout ce qui m’intéresse depuis toujours : le graphisme, le design éditorial, les identités visuelles, le web et l’image.

Au fond, je n’ai jamais changé de direction. J’ai simplement trouvé un autre support pour continuer à créer.

Pourquoi avoir créé Minuit d’Orsay après le tatouage ?

Après plusieurs années dans le tatouage, j’ai eu envie de développer une seconde activité autour du design graphique et de la création de sites internet. Minuit d’Orsay est né de cette évolution, en conservant la même exigence du détail et de la composition.

Proposez-vous uniquement des sites internet ?

Non. Minuit d’Orsay accompagne également les marques et les lieux dans la création de leur identité visuelle. Selon les besoins, le studio conçoit des logos, des systèmes graphiques, des supports imprimés, des directions artistiques et des sites internet sur mesure. Chaque projet est pensé comme un ensemble cohérent plutôt qu’une succession de prestations indépendantes.

Continuez-vous à tatouer aujourd’hui ?

Oui. Je poursuis mon activité de tatoueuse tout en développant Minuit d’Orsay. Ces deux univers coexistent aujourd’hui et s’enrichissent mutuellement.

Quel est le lien entre le tatouage et le design graphique ?

Dans les deux disciplines, il s’agit de construire une identité forte. Qu’il s’agisse d’un tatouage, d’un logo ou d’un site internet, chaque projet repose sur la composition, l’équilibre et le souci du détail.

À qui s’adresse Minuit d’Orsay ?

Le studio accompagne des marques, des hôtels, des restaurants, des artistes, des cafés, des concept stores et des créateurs à la recherche d’une identité visuelle cohérente et d’un site internet sur mesure.

Travaillez-vous uniquement en France ?

Non. Je partage mon activité entre la France et Londres et j’accompagne des projets dans les deux pays.

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