Quand je découvre une marque de mode, ce n’est presque jamais la fiche produit qui me donne envie d’aller plus loin. C’est une photo, une silhouette, une campagne, une police de caractères, parfois même juste une couleur. Et forcément, quand je clique ensuite sur le site, j’ai envie de retrouver la même chose.
C’est souvent là que je décroche. Tout ce qui faisait la personnalité de la marque disparaît au moment où il faut vendre. On arrive sur une grille très classique, les mêmes cartes produits que partout, le même rythme, et on oublie complètement ce qui nous avait donné envie de cliquer au départ.
Pour moi, un site internet de marque de mode doit faire les deux : donner envie et vendre. L’un n’empêche vraiment pas l’autre. C’est justement ce que j’aime travailler chez Minuit d’Orsay.
Le site doit être au niveau de la campagne
American Apparel m’a beaucoup marquée pour ça. J’étais très jeune, je ne connaissais pas encore Helvetica, une police de caractères très simple et très utilisée dans le design graphique, ni même ce qu’on appelle aujourd’hui la direction visuelle d’une marque. Pourtant, je reconnaissais American Apparel immédiatement. Les vitrines, les campagnes, les couleurs et les textes allaient ensemble sans que j’aie besoin de savoir pourquoi.
J’en ai parlé dans mon article sur American Apparel et Helvetica, parce que cette référence est encore très présente dans ma façon de regarder une marque aujourd’hui.

Acne Studios m’intéresse aussi beaucoup, mais autrement. Les campagnes peuvent changer énormément d’une saison à l’autre et pourtant on ne perd jamais la marque. C’est exactement ça que j’aime : une identité suffisamment claire pour pouvoir évoluer sans devenir méconnaissable.
Sur un site, ça se joue dans des détails très concrets : la taille des images, la façon dont les titres arrivent, les espacements, la navigation, le choix de montrer une collection avant de montrer un produit. Ce sont ces choses-là qui font qu’un site appartient vraiment à une marque.
Une collection ne devrait pas commencer par trente produits alignés
Une collection a déjà tellement de matière : les tissus, les coupes, les couleurs, le casting, les photos, parfois un lieu ou une saison très précise. Je trouve dommage de mettre tout ça de côté dès qu’on arrive sur le site.
Je préfère qu’on puisse entrer dans la collection quelques secondes. Une grande image, puis quelques pièces, un détail, un titre, une autre photo. Rien de compliqué. Juste de quoi comprendre ce que la marque est en train de montrer avant de passer au choix de la taille.
C’est aussi ce que j’explique dans mon article sur le webdesign éditorial. J’aime les sites qui se lisent presque comme une mise en page, tout en restant très simples à utiliser.
Une campagne ne devrait pas disparaître au bout de trois semaines
Un shooting coûte du temps, de l’argent, de l’énergie. Il y a parfois un photographe, un styliste, un lieu, du casting, des retouches. Alors quand les images ne vivent que sur Instagram pendant quelques semaines, je trouve ça vraiment dommage.

Le site peut faire durer tout ce travail beaucoup plus longtemps. Une campagne peut rester dans une page de collection, devenir un lookbook, revenir sur la page d’accueil, être mélangée aux produits ou rejoindre une archive. Personnellement, j’aime beaucoup quand une marque garde cette mémoire visuelle au lieu de tout effacer à chaque lancement.
Je regarde donc toujours les images très tôt dans un projet. Leur format, leur lumière, leur rythme peuvent complètement changer la façon dont je vais construire les pages. J’en parle aussi dans mon article sur la photographie et l’identité visuelle.
Et oui, la fiche produit doit être très simple
Je suis la première à quitter un site si je dois chercher la taille, la couleur, le prix ou le bouton pour ajouter au panier. Je n’ai aucune envie de compliquer cette partie sous prétexte qu’on travaille avec une marque de mode.
Mais simple ne veut pas dire impersonnel. La façon de montrer le vêtement porté, les gros plans matière, les produits associés, la taille des photos ou même la typographie peuvent garder toute la personnalité de la marque.
Sur mon blog, j’ai par exemple raconté pourquoi je porte encore autant mon sac Marni Trunk. Ce type d’article me rappelle quelque chose de très simple : un produit peut rester désirable pendant des années quand l’objet, les images et l’identité autour sont suffisamment justes. C’est aussi ce que je cherche à préserver sur un site de mode.
C’est là que mon travail est très concret : je construis le parcours pour que l’achat soit évident, puis je travaille tout ce qu’il y a autour pour que la marque reste présente jusqu’au panier.
Le mobile n’est pas une version secondaire
La plupart du temps, on découvre une marque depuis Instagram, TikTok, une newsletter, une campagne ou un lien envoyé par quelqu’un. Donc depuis un téléphone. Je pense le mobile dès le début pour cette raison.
Je retravaille les cadrages, les tailles de texte, l’ordre des contenus, les produits et les interactions pour garder la même impression que sur ordinateur. Une belle page d’accueil sur ordinateur ne sert pas à grand-chose si la majorité des clients arrivent sur une version mobile qui a perdu tout le travail d’image.
Je suis aussi très attentive à la typographie, c’est-à-dire au choix des polices de caractères et à la manière dont elles sont utilisées. C’est parfois elle qui tient tout ensemble quand les campagnes changent. J’en parle dans mon article sur la typographie en webdesign, avec American Apparel et Fraser Muggeridge parmi les références qui ont beaucoup compté dans mon parcours.
Ce que je fais pour une marque de mode chez Minuit d’Orsay
Quand vous me contactez, je ne vous demande pas simplement combien de pages vous voulez. J’ai d’abord besoin de voir la marque : la collection, les campagnes, l’identité, les réseaux, les photos, le packaging s’il y en a, et bien sûr le site actuel quand il existe.
À partir de là, je peux travailler la direction visuelle, la structure, les pages de collection, les fiches produits, le mobile, les contenus, la photographie et le référencement. Si votre identité fonctionne déjà très bien, je la prolonge sur le web. Si elle manque encore de cohérence, on peut aussi reprendre cette partie avant de passer au site.
Je préfère travailler comme ça parce que le résultat est beaucoup plus juste quand tout est pensé ensemble. Le site n’arrive pas à la fin comme un support à remplir : il fait partie du projet dès le départ.
Pour les projets qui se situent entre mode et beauté, vous pouvez aussi lire mon article sur le webdesign pour les marques de mode et de beauté. Minuit d’Orsay travaille entre Paris et Londres, ainsi qu’à distance selon les projets.
À quel moment me contacter ?
Vous pouvez m’écrire avant une première collection, pour une refonte, au moment d’un repositionnement ou simplement parce que vos campagnes ont évolué et que votre site ne suit plus du tout.
Vous n’avez pas besoin d’arriver avec un brief parfait. Envoyez-moi votre marque, quelques visuels, votre site actuel s’il existe et les références qui vous plaisent. C’est largement suffisant pour commencer à parler du projet.
Oui. Je travaille pour que les campagnes et les collections gardent leur place tout en laissant les tailles, les produits, le panier et le paiement très simples à utiliser.
Oui. Je peux construire les pages autour de vos images existantes et les faire vivre dans les collections, les lancements, la page d’accueil ou des contenus éditoriaux.
Oui. Je peux partir de votre identité actuelle ou intervenir plus largement sur la direction visuelle, la typographie, les images et les supports avant de concevoir le site.
Oui. Minuit d’Orsay travaille avec des marques à Paris, à Londres et à distance selon les besoins du projet.