Pourquoi les photographies comptent autant que le design

Étiquette de chambre de l'Hôtel Amour à Nice photographiée sur une table en bois, illustrant le rôle des détails dans l'identité visuelle d'un lieu.

Pourquoi les photographies comptent autant que le design

Je peux passer beaucoup de temps sur un site, mais si les photographies ne suivent pas, je le vois tout de suite. Ça m’arrive souvent avec les hôtels, les restaurants ou les marques que je découvre en ligne : le lieu peut être très beau, le produit très bien pensé, et pourtant les images enlèvent une partie de l’envie.

L’inverse est vrai aussi. Une bonne série de photos peut me faire regarder un restaurant plus longtemps, ouvrir la page des chambres d’un hôtel ou aller voir une collection alors que je ne connaissais même pas la marque cinq minutes avant.

C’est pour ça que, chez Minuit d’Orsay, je ne considère jamais la photographie comme quelque chose que l’on ajoute une fois le site terminé. Pour moi, photographie et identité visuelle se travaillent ensemble dès le départ.

La photo est souvent la première chose que l’on regarde

Quand j’arrive sur un site, je ne commence pas par analyser le logo ou la structure du menu. Mon regard va d’abord vers l’image. Je remarque la lumière, le cadrage, les couleurs, la matière, la personne photographiée, parfois même un détail dans le fond.

Et cette première impression arrive très vite. Une même chambre photographiée en lumière naturelle ou avec un éclairage froid ne raconte pas du tout le même endroit. Une même crème posée sur une étagère de salle de bain ou détourée sur fond blanc ne donne pas la même perception du produit.

La photographie ne sert donc pas à remplir les espaces du site. Elle participe directement à la manière dont la marque ou le lieu est perçu.

Pour un hôtel ou un restaurant, les images peuvent faire une grosse partie du travail

Je le vois très bien quand je cherche moi-même un restaurant ou un hôtel. Je regarde les chambres, la salle, les tables, les détails, le bar, parfois même le petit-déjeuner avant de lire la moitié des textes.

Et je n’ai pas forcément besoin de vingt photos parfaitement identiques. Au contraire, j’aime voir le lieu sous plusieurs angles : une vue plus large, puis un détail de matière, une lampe, une table, un verre, quelqu’un qui traverse la salle. C’est souvent ce mélange qui permet de comprendre l’endroit.

Quand j’ai écrit sur l’Hôtel Amour à Paris sur mon blog, je me suis rendu compte que mes photos du lieu racontaient autant les couleurs, les objets et la salle que le repas lui-même. C’est exactement le type de matière que j’aime ensuite retrouver dans un site d’hôtel ou de restaurant.

Quand je conçois un site pour un hôtel ou un restaurant, je regarde donc les images très tôt. Elles peuvent décider du rythme d’une page, de la taille de certaines sections et même de ce qu’il faut montrer en premier. J’ai développé cette façon de travailler dans mon article sur les sites d’hôtels et de restaurants.

Dans la mode et la beauté, la campagne doit continuer sur le site

C’est la même chose pour une marque de mode ou de beauté. Si vous avez passé du temps à produire une campagne, choisir un casting, travailler un décor, un stylisme ou un packaging, le site doit pouvoir garder tout ça.

Les photos produit sont nécessaires, évidemment, mais elles peuvent vivre avec des portraits, des détails, des images de campagne ou des plans plus proches de la matière.

Sur mon blog, je parle par exemple de parfums Acne Studios et Merit. Le parfum m’intéresse, mais je regarde aussi immédiatement le flacon, sa couleur, la lumière et la façon dont le produit est photographié. Ce sont exactement les mêmes questions qui reviennent quand je travaille sur un site de beauté.

J’en parle plus précisément dans mon article sur les sites de marques de mode et dans celui consacré aux marques de beauté. Dans les deux cas, la photographie change complètement la façon dont la page se construit.

Une belle photo peut aussi perdre toute sa force dans une mauvaise mise en page

Le problème n’est pas toujours la qualité des images. Il arrive qu’une marque ait déjà une très bonne banque de photos et que le site n’en fasse presque rien.

Une photo horizontale recadrée trop serrée, un portrait réduit dans une petite carte, une série de campagne enfermée dans le même format que les produits : on peut perdre énormément simplement parce que la mise en page n’a pas été pensée avec les images.

C’est pour cette raison que j’aime construire les pages à partir de la matière disponible. Certaines images méritent de prendre beaucoup de place. D’autres fonctionnent mieux en série. Parfois un détail suffit entre deux blocs de texte. Le site n’a pas besoin de tout traiter de la même manière.

C’est aussi ce que je développe dans mon article sur le webdesign éditorial, une façon de penser la page presque comme une mise en page de magazine, avec des images qui ont chacune leur rôle.

Ce que je regarde avant de commencer un site

Très tôt dans un projet, je demande à voir les photographies existantes. Pas uniquement les images déjà choisies pour la communication. J’aime voir l’ensemble : les anciennes campagnes, les photos du lieu, les produits, les portraits, les formats verticaux, horizontaux et les détails.

Ça me permet de voir ce qui fonctionne déjà, ce qui peut être réutilisé et ce qui manque réellement. Parfois, la marque possède beaucoup plus de matière qu’elle ne le pense. Parfois, il manque simplement quelques images très précises pour construire correctement le site.

Je regarde aussi si les photos peuvent fonctionner ensemble. Pas parce qu’elles doivent toutes avoir exactement la même lumière ou le même cadrage, mais parce qu’une page devient vite confuse si chaque image semble venir d’une marque différente.

Et si les photographies n’existent pas encore ?

C’est même plutôt pratique de le savoir avant de commencer. On peut alors réfléchir au site et aux images en même temps au lieu de produire un shooting sans savoir ensuite où les photos vont vivre.

Je peux définir les formats nécessaires, les types d’images dont le site a besoin, la place des portraits, des détails, des vues d’ensemble ou des produits, puis cadrer la direction photographique avec le reste de l’identité. Ça évite de se retrouver avec trente très belles photos verticales quand la page d’accueil réclame justement deux grands formats horizontaux.

Ce travail est particulièrement utile quand le site arrive en même temps qu’une nouvelle identité, une ouverture de lieu, une nouvelle collection ou un repositionnement.

C’est pour ça que je pense rarement le webdesign tout seul

Une police de caractères peut être très bien choisie, la structure d’une page parfaitement dessinée et la navigation très claire. Si les images racontent autre chose, le résultat ne tient pas vraiment.

À l’inverse, de très bonnes photographies deviennent beaucoup plus utiles quand le site leur donne la bonne place. C’est là que la direction visuelle, le webdesign et la photographie commencent réellement à travailler ensemble.

J’ai aussi développé ce sujet dans mon article sur le lien entre identité visuelle et site internet. Chez Minuit d’Orsay, c’est cette continuité qui m’intéresse : le site, les images, les polices de caractères et les supports doivent appartenir au même projet.

Si vos images ne correspondent plus à votre site, ou l’inverse

Vous pouvez m’envoyer votre site actuel, votre banque d’images et quelques exemples de ce que vous aimez. Je pourrai regarder ce qui fonctionne déjà, ce qu’il faut reprendre et si le sujet vient réellement du site, des images ou des deux.

Je travaille principalement avec des hôtels, restaurants, cafés, marques de mode et de beauté, studios créatifs et projets où les images ont une vraie place dans la présentation et la vente.

Peut-on créer un site à partir de photographies déjà existantes ?

Oui. Je commence par regarder votre banque d’images afin de voir ce qui peut être utilisé, ce qui fonctionne ensemble et ce qui manque réellement pour construire les pages.

Pouvez-vous définir la direction photographique avant un shooting ?

Oui. Je peux définir avec vous les formats, les types d’images et les besoins du site afin que le shooting soit pensé en lien avec le site et l’identité visuelle.

Faut-il forcément des photographies professionnelles pour refaire son site ?

Pas systématiquement. Cela dépend de ce que vous avez déjà et du niveau d’image nécessaire au projet. Je préfère d’abord regarder l’existant avant de conseiller une nouvelle production.

Pour quels types de projets travaillez-vous la photographie et le webdesign ensemble ?

Principalement pour des hôtels, restaurants, cafés, marques de mode et de beauté, studios créatifs et projets où les images occupent une place importante dans la présentation et la vente.

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