Londres est une ville où je retourne souvent. Pas seulement parce que j’aime son énergie, mais parce qu’elle nourrit constamment mon regard. À chaque voyage, je reviens avec des dizaines de photos de façades, de vitrines, de cartes de visite ou de menus. Ce sont rarement les monuments qui attirent mon attention, mais plutôt les lieux du quotidien. Même si l’architecture britannique mérite largement qu’on s’y attarde.
Avec le temps, je me suis rendu compte que ce qui me plaisait le plus n’était pas un style en particulier. C’était la manière dont certains lieux construisent leur identité. Tout semble pensé dans son ensemble : la typographie, les couleurs, les matériaux, la signalétique, les objets ou encore le site internet. Rien ne cherche à en faire trop.
Shoreditch Arts Club
Parmi les lieux qui m’ont le plus marquée, il y a Shoreditch Arts Club.
Je me souviens encore de la première fois où je suis passée devant sa façade. Un bleu nuit profond, une typographie blanche, presque rien. Pourtant, impossible de ne pas s’arrêter. Cette simplicité m’a immédiatement rappelé les boutiques American Apparel que j’aimais déjà observer lorsque j’étais plus jeune.
Cette façade résume assez bien ce qui m’attire dans le design. Une identité n’a pas besoin d’être complexe pour être forte. Quelques choix cohérents suffisent parfois à rendre un lieu reconnaissable. C’est une photo que je garde toujours dans mon téléphone et sur laquelle je reviens régulièrement lorsque je travaille sur un projet.
Regarder avant de créer
Londres m’a appris à regarder les détails. Une enseigne, une couverture de livre, une mise en page, un papier ou une vitrine peuvent raconter autant de choses qu’un logo.
Aujourd’hui, cette façon d’observer influence directement mon travail avec Minuit d’Orsay. Avant de commencer un projet, j’essaie de comprendre l’atmosphère d’un lieu, son histoire et ce qui le rend unique. Le design vient ensuite.
Je repars rarement de Londres avec des souvenirs. Je repars surtout avec des idées.
Certaines finissent dans un carnet. D’autres restent plusieurs mois dans mon téléphone avant de trouver leur place dans un projet. Il m’arrive encore de revenir sur une photo prise plusieurs années auparavant pour retrouver un détail, une couleur ou une composition qui m’avait marquée.
C’est aussi ce que j’aime dans cette ville. Chaque voyage est différent. Les lieux changent, de nouvelles adresses ouvrent, mais cette attention portée aux détails reste la même. C’est probablement ce qui me donne envie d’y revenir aussi souvent.
Aujourd’hui, Londres occupe une place importante dans la construction de Minuit d’Orsay. Pas pour copier ce qui s’y fait, mais pour continuer à nourrir mon regard. Observer est devenu une partie essentielle de mon processus de création, autant que le dessin, la photographie ou le design graphique.



