Faites un test très simple : ouvrez votre site sur téléphone et regardez-le sans lire les textes. Qu’est-ce que les images racontent réellement de votre lieu ou de votre marque ?
Je pose souvent cette question parce qu’un site peut être très bien dessiné et pourtant donner une impression complètement fausse si les photographies ne suivent pas. Une chambre peut sembler froide, un restaurant vide, un produit banal ou une marque beaucoup plus générique qu’elle ne l’est en réalité.
Pour un hôtel ou un restaurant, on regarde souvent avant de lire
Quand je cherche moi-même un hôtel, je regarde les chambres, les salles de bain, le bar, les matières, les vues et parfois le petit-déjeuner avant de lire la moitié des informations. Pour un restaurant, c’est la salle, la table, la lumière, les plats, les verres, la façade.
Ce n’est pas superficiel. Ces images répondent déjà à des questions très concrètes : est-ce que j’ai envie d’y passer deux heures ? Est-ce que l’endroit semble intime ou animé ? Est-ce que je peux imaginer la taille de la chambre ? Est-ce que le restaurant ressemble à l’adresse que j’ai vue sur Instagram ?
Sur Le Change, les photos du lieu et des plats ne servent donc pas à « décorer » le site. Elles permettent de montrer le bistrot tel qu’il est et de faire le lien entre ce que l’on voit en ligne et ce que l’on trouve en arrivant.
Le problème n’est pas toujours d’avoir de mauvaises photos
On peut avoir une excellente banque d’images et un site qui l’utilise mal. Un portrait vertical recadré dans un rectangle horizontal, une photo de campagne réduite à une vignette, un détail de matière coincé entre deux blocs identiques : on perd vite ce qui rendait l’image intéressante.
C’est pour ça que je préfère voir les photographies avant de figer la mise en page. Une série très horizontale ne donnera pas le même site qu’un ensemble de portraits. Et c’est très bien comme ça.
Pour la mode et la beauté, la campagne doit continuer après Instagram
Une marque peut avoir produit une très belle campagne, choisi un casting, un décor, un stylisme, une lumière, puis arriver sur un site où toutes les images sont ramenées au même petit format. C’est dommage, et surtout inutile.
Une campagne peut devenir une ouverture de collection, une image peut prendre tout l’écran, un détail peut couper une page produit, une série peut se lire presque comme un éditorial. Le site doit savoir utiliser la matière que la marque a déjà payé pour produire.
J’aborde ce sujet plus précisément dans mes articles sur les sites de marques de mode et les sites de marques de beauté.
Avant un shooting, je préfère savoir où les images vont vivre
Quand les photos n’existent pas encore, c’est même une bonne occasion de réfléchir au site et au shooting ensemble.
Si la page d’accueil a besoin de deux grands formats horizontaux, mieux vaut le savoir avant de revenir avec trente portraits verticaux. Si une fiche produit a besoin d’un détail de texture, il faut le prévoir. Si un hôtel doit montrer l’entrée, la chambre et la salle de bain dans une même séquence, autant construire la liste de prises de vue avec cette logique.
Je peux donc préparer avec le client une liste très concrète : vues larges, détails, portraits, gestes, produits, formats verticaux, horizontaux, images avec de l’espace pour le texte. Ce n’est pas une direction photo abstraite. C’est une manière d’éviter de découvrir après le shooting que les images ne répondent pas aux besoins du site.
Un portfolio de photographe pose encore d’autres questions
Quand l’image est le travail lui-même, le site doit presque disparaître par moments. Il doit laisser les séries respirer, respecter les formats et éviter de transformer chaque photo en carte identique.
C’est une des questions centrales du projet Studio Minuit : comment construire une identité et un portfolio reconnaissables sans prendre le dessus sur les photographies.
Ce que je demande au début d’un projet
Je demande généralement à voir plus d’images que celles déjà sélectionnées pour Instagram ou la communication. Les anciennes campagnes, les photos du lieu, les essais, les portraits, les produits, les détails, les formats qui semblent moins évidents.
Ça permet de comprendre ce qui existe vraiment. Parfois il manque un shooting complet. Mais parfois, il manque seulement trois images : une vue extérieure, un portrait et un format horizontal pour la page d’accueil.
Je préfère identifier ça précisément plutôt que de conseiller automatiquement de « refaire des photos ».
Le site et les images doivent raconter le même endroit
C’est probablement la manière la plus simple de résumer mon approche. Le visiteur ne devrait pas avoir l’impression de voir une marque sur Instagram, une autre sur le site et une troisième en arrivant dans le lieu.
Le webdesign donne un cadre aux images. Les images donnent au site sa matière. Si l’un des deux est traité après coup, ça finit souvent par se voir.
Si vous préparez un nouveau site et que vous ne savez pas si vos images actuelles suffisent, vous pouvez m’envoyer le site, les photos et quelques informations sur le projet. Je préfère regarder l’existant avant de vous dire ce qu’il faut produire en plus.



